Revue Souffles : appel à textes "bêtes et bestioles"

Revue Souffles

La Revue Souffles, publication de l'association Les Ecrivains Méditerranéens, est une revue de poésie créée à Montpellier en 1942. Elle lance cet appel à textes, dont la date limite est fixée au 10 mai 2017.

Bêtes et bestioles

Elles nous ont précédés, certaines nous survivront. Comme nous éphémères, entre deux déluges elles ont beaucoup à nous dire. Leur origine, leur « génie » comme leur devenir nous interpellent. Parallèle à notre histoire, leur trace est inscrite dans la pierre depuis les temps immémoriaux. Obéissantes et respectueuses des lois de la nature, elles ont encore beaucoup à nous apprendre.

BÊTES ET BESTIOLES, nos amies, nos sœurs, ah les fidèles compagnes, ah les diablesses ! Elles sont partout, sous nos pieds, à nos côtés, au-dessus de nos têtes, elles peuplent le ciel, la terre, les eaux, et nos imaginaires. Depuis toujours ou presque elles sont là, grouillent, rampent, volent, nagent, sautent, copulent, et nous obnubilent. Depuis longtemps, bien plus longtemps que nous, elles habitent le ciel, la terre, les eaux, et y pullulent.
Depuis la nuit des temps, elles offrent à la Nature parée la perfection de leur beauté, tels ces insectes offrant à l’œil humain des œuvres dignes des plus grands joaillers. Minuscules ou majuscules, les bêtes nous fuient, nous accompagnent ou nous entourent, elles sont le peuple des mousses, des steppes et des savanes, des bois et des sous-bois, elles sont le peuple du ciel et des nuages, des vagues et des abysses, des lacs et des étangs. Nous les pêchons, les chassons, les capturons, les exterminons, les utilisons à nos fins, selon nos goûts et nos cruelles fantaisies. Elles gîtent aussi dans nos livres et nos œuvres d'art, nos rêves et nos cauchemars. Car ainsi va le monde, proies et prédateurs – dont nous ne sommes pas les moindres – fantastiquement emmêlés dans les filets de la vie et de l'art.

BÊTES ET BESTIOLES ! Elles n'auraient d'autre fin que survivre et se reproduire, elles ont pourtant colonisé nos cerveaux au point de nous terroriser parfois. Microphobie, arachnophobie, lycophobie… la liste des terreurs qu'elles nous inspirent est à l'image de leur diversité. Elles nous fascinent ou nous répugnent, nous les redoutons ou les vénérons, les immolons ou les déifions. Elles sont nos compagnes de route sous le ciel glacé ou le soleil de plomb. Depuis toujours ou presque, elles peuplent nos légendes et nos contes de leur fantastique présence, elles sont les héroïnes de nos récits, elles endossent à leur insu les rôles que nous distribuons à foison, dans le grand bestiaire de la littérature.
Sous la plume d’Ésope ou de la Fontaine, dans l’imaginaire réel de Lautréamont, Kafka ou Delteil, elles se font humaines pour mieux dénoncer nos défauts et nos travers. Le bestiaire mythologique est inépuisable.
Fort heureusement, les savants veillent au grain pour les réhabiliter et les débarrasser des oripeaux dont nous les avons affublées. Les savants ou les poètes. Ils sont parfois aussi savants que poètes, tel le grand Jean-Henri Fabre, cet Homère de l'entomologie né en Aveyron et mort en Vaucluse, qui rendit, entre autres bestioles, sa dignité et sa grandeur à la cigale, injustement malmenée par la fable.

BÊTES ET BESTIOLES, elles auraient pu cent fois nous exterminer, nous avons si souvent songé à les éradiquer.

BÊTES ET BESTIOLES, elles nourrissent nos peurs et nos espérances, elles règnent dans l'infiniment petit comme dans l'infiniment grand, elles sont des milliards sous les feuilles de chaque arbre, des milliards dans le moindre ruisseau, le moindre pré, sous la neige et sous la terre, dans les grottes et les gouffres, dans la poussière que le vent charrie, sans elles nos fables et nos histoires extraordinaires seraient aussi misérables que le creux de nos mains.
Fascinée par le vivant la parole poétique se doit de célébrer les petites et grandes bêtes et d’unir sa voix à la parole écologique, qui prend en compte actuellement jusque dans le droit, la cause de la vie animale menacée par l’homme.
Le poète trouvera en l’animal dans sa diversité infinie matière à donner libre cours à son imagination,  au gré des symboles et des mythes. Son langage propre offre un champ d’exploration et un prisme fabuleux à envisager l’humain.
A la voix de l’animal répondra la voix du poète, en une grande diversité de genres et de formes.

BÊTES ET BESTIOLES, nous les ferons vivre et revivre dans le prochain numéro de la revue Souffles. Il ne tient qu'à vous, à votre imaginaire fécond, à vos humeurs, vos amours et vos frayeurs. A vos fermes et vos « zoos » !  A vos abeilles, à vos mouches, à vos fourmis… !  Et à vos plumes donc pour de nouvelles métamorphoses et de fantastiques et poétiques éclosions.

Consignes

Afin de faciliter le travail du comité de lecture constitué de bénévoles passionnés ayant la poésie à cœur, merci de bien vouloir respecter les consignes suivantes :
Les textes pour le prochain numéro de Souffles sont à faire parvenir
I –  par envoi électronique :
- En PIECE JOINTE à votre courriel, à l’adresse électronique : prochainnumero@revuesouffles.fr
- Avec NOM, PRENOM, TITRE (en objet de votre mail).
- FICHIER WORD (et non PDF), format A4, en pages recto uniquement.
- En TIMES NEW ROMAN (police de caractère), taille 12.
- Si votre envoi comporte des images, il conviendra de nous les faire parvenir au format JPG
   et en 600 dpi.
II –  suivi d’un envoi postal :
- en 3 EXEMPLAIRES PAPIER à l’adresse suivante :

Revue SOUFFLES
113, avenue Vauban n° 46
34110 Frontignan

Tout envoi hors délai ne sera pas accepté. À vos plumes !

Date limite d’envoi des textes : 10 mai 2017

 
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