Les formes brèves à l'honneur à l'Université Montpellier 3

Le RIRRA21 de l'Université Paul Valéry Montpellier 3 organise le jeudi 26 novembre 2015 un colloque consacré aux formes brèves de la littérature à l'ère du numérique, et notamment à la twittérature pronée par Jean-Yves-Fréchette. Ce colloque a lieu sur le Site Saint-Charles de l'université (place Albert 1er) à Montpellier.

LR livre et lecture s'associe à cette initiative en proposant une Master Classe avec Jean-Yves Fréchette, directeur de l'Institut de twittérature comparée de l'Université Québec-Bordeaux, en direction des auteurs de la région et des étudiants le mercredi 25 novembre de 14h à 18h. En savoir plus sur cette Master Classe

L’amélioration des performances des ordinateurs et l’essor des nouvelles technologies de l’information ont bouleversé l’histoire économique et intellectuelle. Ce que l’on a coutume de nommer la « révolution numérique », à la fois technique et culturelle, a induit un nouveau rapport au temps dominé par la vitesse et la simultanéité. La « haute fréquence » et la fragmentation des échanges s’imposent dans tous les domaines de la société : extrême rapidité dans la prise de décision, connexion généralisée de tous les acteurs à une vitesse folle, logique de flux. Le numérique est un vecteur important de transformation des modes de production et de consommation de la culture : publier est désormais à la portée de tous ; des blogs aux plateformes communautaires, les écrivains en herbe sont partout et le rythme effréné de la vie contemporaine exige des lectures rapides.

La connexion permanente aux réseaux techniques et sociaux a permis un élargissement de l’espace d’expression des individus et imposé le fragment, le contenu concis, le mini-format, appropriés pour alimenter ces réseaux. Les sites dédiés à ce type d’écriture se multiplient sur le web (dans le domaine anglo-saxon citons notamment Flash Fiction Online et Quick Fiction). En France, à Grenoble, en 2011, se crée la plateforme d’édition communautaire Short Edition, qui possède une application pour smartphones et tablettes et qui met en ligne, diffuse et édite tout ce qui se lit d'un trait, en moins de 20 minutes : nouvelles, BD courtes, poèmes (de l'alexandrin au slam) et micro-nouvelles, « pour lutter contre les petits moments d'ennuis et d'attente de la vie quotidienne. Au boulot, dans le bus ou le métro, dans la salle d'attente du médecin, à la caisse du supermarché ou dans un arbre ». On rencontre sur Twitter des poèmes brefs, des haïkus, des aphorismes, des pensées, des maximes, des dialogues, et même des récits découpés en languettes tweetées (sur le modèle des keitai shosetsu, textes japonais rédigés par SMS), des twillers.

C’est ce retour en force du bref et du fragmentaire dans la littérature actuelle, et plus particulièrement dans les écritures numériques, que nous voudrions examiner lors de cette journée d’étude organisée dans le cadre du programme de recherche « La littérature à l’heure du numérique » (RIRRA21).  Plusieurs types de formes brèves, différents outils, applications ou plates-formes seront envisagés dont on dégagera les traits spécifiques. Quelles stratégies et postures sous-tendent ces écritures ? Dans quelle mesure le support numérique justifie-t-il le choix du bref et en modifie-t-il les enjeux poétiques ? À quel lectorat s’adresse-t-il ? Quelles relations se tissent ici avec la tradition du bref, et notamment avec le classicisme français : les écrivains évoqués, qui souvent accompagnent notre quotidien de réflexions lapidaires, sont-ils de nouveaux moralistes ? S’agit-il d’un nouvel art de persuader ? Ces questions, et sans doute bien d’autres encore, seront abordées dans les communications proposées par les universitaires invités mais également lors d’une table-ronde qui réunira quatre écrivains usant, avec des ambitions, des logiques et des poétiques très différentes et parfois même sans doute contradictoires, d’internet comme un outil de création et de diffusion de formes brèves.

Programme du colloque

MATINÉE

9h00 Marie-Eve Thérenty et Florence Thérond : ouverture de la journée d’étude

9h45 Gilles Bonnet (Université Jean-Moulin Lyon 3) : « Brèves d’écritoire»

10h15 Adeline Wrona (Université Paris-Sorbonne) : "Petites anthologies numériques : Facebook ou la littérature en fragments partagés »

10h45 Discussion et pause

11h15-12h30 Table-ronde animée par Marie-Eve Thérenty et Florence Thérond avec Jean-Louis Bailly, Thierry Crouzet, Jean-Yves Fréchette, Olivier Hervy

APRÈS-MIDI

14h Etienne Candel (Université Paris-Sorbonne) : « La brièveté, une ‘contrainte’ d’écriture ? La création littéraire comme usage »

14h15 Bounthavy Suvilay (Université Paul-Valéry Montpellier 3) : "Les écrivains morts, vivants sur Twitter"

14h45 Discussion et Pause

15h15 Oriane Deseilligny (Université Paris 13) : « Une minute de Thierry Crouzet : métamorphoses d’un texte, d’un dispositif à l’autre »

15h45 Gwendolyn Kergourlay (Université Paul-Valéry Montpellier 3) : « L'exploration du haïku par la poésie numérique : un renouvellement du genre ? »

16h-16h15 Discussion et clôture de la journée d’étude

Programme complet à télécharger

Les auteurs invités

Jean-Louis Bailly
Pataphysicien actif, il a réécrit, entre mai et novembre 2008, sur le modèle de Félix Fénéon et de ses nouvelles en trois lignes, 1209 dépêches internationales sur un blog qu’il ouvre « à cette seule intention ». Il les réunira aux éditions L’Arbre vengeur sous le titre Nouvelles impassibles. Depuis 2008, il continue à tenir son blog. Actuellement il publie sur celui-ci, ou sur sa page Facebook, de petits objets poétiques de satire de l’actualité politique (rondeaux, fables ou quatrains). Il a publié en 2015 à L’Arbre vengeur un recueil de micronouvelles, Une grosse suivie d’un petit geste commercial.

Thierry Crouzet
« Archéo-geek », tel qu’il se désigne lui-même, ingénieur en micro-électronique de formation, il est l’auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation sur la bureautique et internet, mais aussi d’essais comme Le Cinquième pouvoir (sur le pouvoir politique d’internet, 2007), La Mécanique du texte (une réflexion sur l’influence de la technologie sur la littérature, 2015) et de romans atypiques, J’ai eu l’idée (480 fragments dans une démarche parallèle à celle de Perec dans Je me souviens, 2010), ou La Quatrième Théorie écrit sur Twitter (2013).

Jean-Yves Fréchette
Il vit à Québec où il a enseigné la poésie et la communication et conçu des logiciels éducatifs (Twittexte). Membre du collectif Inter/Le Lieu, il a participé à de grandes manœuvres artistiques dont Territoires nomades. À la Centrale textuelle de Saint-Ubalde, qu’il a fondée, il a notamment réalisé Physitexte (performance d’édition), Agrotexte (Land Art textuel), Le lieu-dit le lieu (manœuvre textuelle d’écriture technique) et Le party textuel (manœuvre-réseau d’écriture collective). Il dirige l’Institut de twittérature comparée de Québec-Bordeaux et vient de faire paraître aux éditions de L’instant même Ne sois pas effrayé par le pollen dans l'œil des filles.

Olivier Hervy
Il exerce la profession de documentaliste dans un lycée et publie parallèlement depuis des années, dans des revues et chez des petits éditeurs des séries d’aphorismes qui sont préalablement en partie confiés à l’édition numérique essentiellement sous deux formes : il tient depuis 2011 un compte twitter où il publie des épigrammes et il se sert aussi de Facebook pour délivrer à ses amis des aphorismes. Il a notamment publié Expertise (Pierre Mainard, 2007), Agacement mécanique (Arbre vengeur, 2012), Formulaire (Pierre Mainard, 2014).

Information et inscription

Inscription auprès de Florence Thérond, Université Paul Valéry Montpellier 3 : florence.vinas@univ-montp3.fr

 

 
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