Episode 3 : Venice by night on Pacific

Pour prendre l’air et palper la cadence du temps, je passe incognito dans le bling bling d'Abbot Kinney. Les phares des automobiles et les jambes nues de la rue prennent des voix indolantes, pour mieux rejouer des films. Tombée un soir où les mini chiens éblouis par la nonchalence des cheveux des filles ont fait rouler leurs paupières, léchant l’espoir des caresses, j’ai observé que les hommes aussi font comme eux, à la différence qu’ils sortent leur carte de crédit, comme un joker affriolant. La scène du soir in Venice injecte un sang dont l’écho électrique et gazeux anime tous les corps. Des murs maquillés, comme elles vont dans leur cinéma, leurs cils allongés. Fringuées, moulées, fardées, dénudées, bronzées, lisses et splendides comme les garçons, on les entend pouffer de bonheur aux bras des bars sombres et ouverts sur la rue en live, afin que s’agitent l’odeur de l’alcool et des plaisirs charnels. Des créatures de rêve fabricant la beauté, c’est le triomphe du mythe de Venice !

Entre Abbot Kinney et Muscle Beach, on goute avec les yeux des friandises jeunes et intemporelles. Le culte du corps d’athlète se trouve souligné et les correspondances avec la Grèce découpent une île d’embellie sur laquelle les moissons d’amour offrent l’ivresse. Dehors, rampant entre les silhouettes, des fumées de canabis traversent les lignes électriques décoiffées et interminables comme des vagues, entourant les plantes et les maisons, avant de se perdre dans l’atmosphère. Tout le monde en respire, même les oiseaux qui dorment, même le sable de la plage.

Je glisse. Juin déjà. L'océan de nuit. Mon « Huit aux points multiples » dans le secret des dieux, se termine peu à peu. Je veille à ce que chaque soir mes émotions se détricotent, et je supprime les téléchargements inutiles de la journée. Je quitte la côte et ses frustrations variées en m’abandonnant sur mon lit où je brode en croisière.

Apparait le rêve du bain nuptial, le jardin des délices, la voie lactée. Comme la première fois renouvelée, je prends mes désirs pour des réalités. Exercice audacieux, risqué si les fenêtres sont ouvertes à tous vents, périlleux si l’on se juge. Toutes les lunes de l’attente sont ici en une, et l’ailleurs n’existe point, le temps n’existe plus à mon esprit, et je sème la patience, un choix d’amour. Or la France aime l’amour et les éventails de l’amour.

J’ai pris la forme d’un coeur, quand allongée, j’éteins la lumière et m’endors.

Venice on Pacific the journey is going up !

L'Odyssée : un exil, un voyage

Dans le cadre du partenariat avec Réseau en scène LR autour du projet européen Meeting the Odyssee en 2015, nous avions entrepris de nombreuses actions littéraires autour de cette thématique : rencontres dans le cadre de Partir en livre 2015thématiques des opérations scolaires Auteurs au lycée et Auteurs au collège dans l'Aude 2015-2016...

Emma Shulman, poète et plasticienne vivant à Sauve, a réalisé il y a deux ans une performance aux Salins de Gruissan : La Vague. Depuis octobre, en partenariat avec l'Institut Français, elle est accueillie en résidence à Los Angeles pendant un an dans le but de concevoir de nouvelles création mêlant textile, broderie et poésie. Emma est bien entendu brodeuse et elle a décidé de s'exiler de sa terre languedocienne sans attendre Ulysse.

Nous lui avons commandé une série de 3 épisodes retraçant sa résidence, que nous diffuserons sur notre site.

Lire l'épisode 1 publié en décembre 2016
Lire l'épisode 2 publié en mars 2017

Voir les photos et la vidéo de la performance 2015 La Vague

 
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