URDIALES MARIE


34000 MONTPELLIER
Email : urdiales.marie@gmail.com
Activité : Auteur
Genre(s) : Bande dessinée, Enseignement et documentation professionnelle, Jeunesse, Roman, nouvelle
Biographie :
Née en juin à Antibes, fille de militaire, je passe mes premières années dans des cartons de déménagement. L’apothéose de la bougeotte familiale à lieu en 1976 : j’ai dix ans, et mes parents décident d'émigrer en Allemagne. Mes liens avec ce pays sont restés étroits, au point d’être devenue parfaitement bilingue…

Les voyages, la double-culture, la notion « d’étranger », l’aliénation… sont restés au centre de ma vie, et de mon travail.

Dès 1987, je me lance avec enthousiasme dans le journalisme. L’écriture est ma vocation depuis qu’à onze ans, j’ai fait pleurer ma grand-mère avec une poésie (où il était vaguement question de linge humide et de pluie…).

Pendant plusieurs années, je fais plus ou moins sagement des études à l’Université de Hambourg, ville où le climat nécessite d’allumer le chauffage jusqu’en juillet. J’étudie le journalisme, l’allemand, et la littérature française. Je profite d’une bourse Erasmus pour vivre un an en Espagne, à Bilbao, passe ma maîtrise avec succès et mention, et reviens en France fin 1994.

Depuis, j’écris.

J’écris pour des journaux, j’écris pour le Net, j’écris pour des amis, j’écris pour des hommes, j’écris pour des enfants, j’écris pour le scolaire, j’écris pour le plaisir…

J’écris des nouvelles, des essais, des contes et des bêtises. J’écris dans « mes » deux langues. L’étendue de ma production réelle n’a aucune commune mesure avec ce qui, en définitif, est publié. Nous sommes nombreux et nombreuses, dans ce cas ! Depuis l’année dernière, je m’intéresse et me forme au numérique, fascinée par les possibilités en terme de créativité même si je suis et resterai de la génération papier.

La virgule et la conjugaison du passé simple demeurent mes pires ennemis.

Voilà ! J’écris. C’est tout. Ah non : je recherche un éditeur pour mon second roman franco-français, « Les vacanciers ».

Crédits photographiques : DR

Bibliographie non exhaustive :
L'enfant des naufragés, éd. Oskar, 2016 (roman).
Leçon de ténèbres, collectif, éd. Au diable vauvert, 2015 (nouvelles).
JTM - Ich dich auch, éd. Klett, 2014 (livre jeunesse allemand).
Paris Noir, éd. Klett, 2014 (livre jeunesse pédagogique).
Les perles de Pyla : B1, éd. La Maison des langues, 2013 (livre jeunesse pédagogique).
An Binh se rebelle : A1, éd. La Maison des langues, 2013 (livre jeunesse pédagogique).
Mortels bisous, coauteur Manboou, éd. Klett, 2013 (BD).
Le robot, coauteur Manboou, éd. Klett, 2013 (BD).
Tom en Provence.com, éd. Klett, 2010 (livre jeunesse pédagogique).
Les crucs, éd. Klett, 2009 (livre jeunesse pédagogique).

Extrait :

Les vacanciers

La tête appuyée contre la vitre, elle bave. La femme dort, la bouche grande ouverte, avec un mince filet qui ressemble à du jus d’escargot qui lui humecte le menton. Elle ronfle, aussi, doucement mais perceptiblement. De temps en temps, un rêve ou un sursaut du train la fait tressaillir. A un moment, juste après un tunnel, un homme assez gros bouscule le vendeur ambulant, à quelques sièges de nous.
- Vous ne pouvez pas faire attention avec votre chariot, non ?
Plusieurs canettes dégringolent du chariot en question. Ca fait pas mal de bruit, le vendeur les ramasse en s’excusant auprès du gros, alors que ce n’était même pas de sa faute. Le gros passe à côté de nous en râlant. J’aimerais tendre la jambe, comme ça, sans faire exprès, juste pour qu’il se fracasse sur son gros bide plein de lard, mais je ne le fais pas. Le chariot repart.

Elle ne s’est pas réveillée, malgré le bruit, la voix du gros, le son des canettes qui s’entrechoquent et dégringolent, le couinement du chariot…
- Tu crois qu’elle est morte ? murmure Max.
- Mais non ! Regarde…
Je déchire une fine lamelle de papier de mon magazine, je la mets doucement sous le nez de la femme. Le papier vibre sous ses narines.
- Tu vois ? Elle respire encore !
Max regarde le fruit de ma démonstration scientifique d’un œil sceptique, mais un nouveau ronflement, un peu plus fort, vient me donner raison.

Mon frère retourne alors à son poste d’observation. Le nez plaqué contre le verre gelé par la clim, les deux mains de chaque côté de sa tête comme pour ne faire qu’un avec la vitre, on dirait qu’il veut gober le paysage qui défile à Très Grande Vitesse devant nos yeux.