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POIRSON-DECHONNE MARION
c/o Editions Trabucaire
Rue Traverse de Pia
66000 PERPIGNAN
Email : marion.poirson@gmail.com
66000 PERPIGNAN
Email : marion.poirson@gmail.com
Activité : Auteur
Genre(s) : Biographie, Enseignement et documentation professionnelle, Policier, Roman, nouvelle, Théatre
Animations : Atelier d'écriture
Biographie :
Marion Poirson-Dechonne est née à Montpellier. Après des études au lycée Fermat de Toulouse (préparation Ecole des Chartes), elle poursuit des études de lettres modernes jusqu'à l'agrégation, avant de faire un doctorat ès arts et sciences de l'art à la Sorbonne, consacré au théâtre dans le cinéma. Elle a enseigné le français dans le second degré, puis en IUFM, en mettant l'accent sur le cinéma, l'audiovisuel et la communication, et animé des stages d'enseignants sur le cinéma, la BD et l'adaptation littéraire dans le cadre de la Mafpen. Actuellement maître de conférences à l'université Paul Valéry de Montpellier, dans la section études cinématographiques, elle donne des cours de pratique du scénario et d'esthétique du cinéma.
Auteur de plus d'une cinquantaine d'articles sur le 7ème art, autour de thèmes récurrents, le cinéma et les autres arts, le cinéma et le sacré, le cinéma et les nouvelles images, elle a coordonné un numéro de CinémAction intitulé Portraits de famille, et vient de terminer, Le cinéma est-il iconoclaste ? à paraître aux éditions Corlet/Le Cerf. Elle a aussi publié, aux Editions des Trabucaires, un roman policier, Serial Vénus, qui relie le récit de la Vénus d'Ille dans la perspective de meurtres commis à Perpignan par un tueur en série.
Bibliographie non exhaustive :
CinémAction, n° 132, Portraits de famille, dirigé par Marion Poirson-Dechonne, éd. C. Corlet, 2009 (étude).
Serial Venus, éd. Trabucaire, 2009 (polar).
La maison des démons,éd. Rouge Safran, 2011 (polar jeunesse).
Le cinéma est-il iconoclaste ?, éd. Cerf, 2011 (document).
Extrait inédit :
Du fleuve à l'océan, 1620
extrait de Imago mundi, roman historique inédit de Marion Poirson-Dechonne
A la demande de l'archevêque de Lima, Catalina retourne en Espagne. Son bateau remonte le fleuve de la Madalena. Il glisse entre les berges limoneuses, évitant l'entrelacs des palétuviers. Des caïmans mués en troncs d'arbres s'écartent paresseusement. Sous ces latitudes, une fantaisie d'artiste baroque fait jouer à la nature le jeu des métamorphoses ; elle crée du trompe-l'œil, des illusions d'optique, avec l'orchidée et le caméléon. Catalina, que la fièvre fait délirer, ne voit du décor que ses bizarreries. Elle ne se mêle pas aux dames espagnoles, aux traits tirés et aux figures lasses. Le tissu clair de leurs robes se chiffonne sous l'effet de la moiteur tropicale. Le vert glauque du paysage est plein d'exhalaisons d'épices. Les mulâtresses, qui soulèvent à grand peine des éventails de palmes pour rafraîchir leurs maîtresses, déplacent juste un air lourd et musqué. Le regard impassible des Indiens, sur la rive, les transperce avec l'intensité de flèches. Les hommes, sans se soucier de la chaleur, boivent un alcool clair d'agave. A chaque escale, des épaves qui vivent à la lisière de la selva, paludéens, lépreux, syphilitiques, viennent mendier.
Catalina, qui observe le lent défile des pirogues, repense à l'accueil des clarisses, à leur jardin fleuri de coronilles. Loin des épisodes guerriers qui jalonnent sa vie, à peine ponctué du froissement des feuilles de missel et de stridulations d'insectes, elle demeurait attentive au silence qui descendait en elle. Elle écoutait la musique intérieure que lui dictait son âme. Un orchestre vibrant de ces palpitations ténues qui sont les mouvements du cœur, les pulsations de l'intelligence, le rythme des passions. Loin de l'agitation du monde, elle isolait la note cuivrée du désir, captait celle plus grave de l'âme, et cédait enfin au remords.
Crédits photographiques : Editions Trabucaire.
Marion Poirson-Dechonne est née à Montpellier. Après des études au lycée Fermat de Toulouse (préparation Ecole des Chartes), elle poursuit des études de lettres modernes jusqu'à l'agrégation, avant de faire un doctorat ès arts et sciences de l'art à la Sorbonne, consacré au théâtre dans le cinéma. Elle a enseigné le français dans le second degré, puis en IUFM, en mettant l'accent sur le cinéma, l'audiovisuel et la communication, et animé des stages d'enseignants sur le cinéma, la BD et l'adaptation littéraire dans le cadre de la Mafpen. Actuellement maître de conférences à l'université Paul Valéry de Montpellier, dans la section études cinématographiques, elle donne des cours de pratique du scénario et d'esthétique du cinéma.
Auteur de plus d'une cinquantaine d'articles sur le 7ème art, autour de thèmes récurrents, le cinéma et les autres arts, le cinéma et le sacré, le cinéma et les nouvelles images, elle a coordonné un numéro de CinémAction intitulé Portraits de famille, et vient de terminer, Le cinéma est-il iconoclaste ? à paraître aux éditions Corlet/Le Cerf. Elle a aussi publié, aux Editions des Trabucaires, un roman policier, Serial Vénus, qui relie le récit de la Vénus d'Ille dans la perspective de meurtres commis à Perpignan par un tueur en série.
Bibliographie non exhaustive :
CinémAction, n° 132, Portraits de famille, dirigé par Marion Poirson-Dechonne, éd. C. Corlet, 2009 (étude).
Serial Venus, éd. Trabucaire, 2009 (polar).
La maison des démons,éd. Rouge Safran, 2011 (polar jeunesse).
Le cinéma est-il iconoclaste ?, éd. Cerf, 2011 (document).
Extrait inédit :
Du fleuve à l'océan, 1620
extrait de Imago mundi, roman historique inédit de Marion Poirson-Dechonne
A la demande de l'archevêque de Lima, Catalina retourne en Espagne. Son bateau remonte le fleuve de la Madalena. Il glisse entre les berges limoneuses, évitant l'entrelacs des palétuviers. Des caïmans mués en troncs d'arbres s'écartent paresseusement. Sous ces latitudes, une fantaisie d'artiste baroque fait jouer à la nature le jeu des métamorphoses ; elle crée du trompe-l'œil, des illusions d'optique, avec l'orchidée et le caméléon. Catalina, que la fièvre fait délirer, ne voit du décor que ses bizarreries. Elle ne se mêle pas aux dames espagnoles, aux traits tirés et aux figures lasses. Le tissu clair de leurs robes se chiffonne sous l'effet de la moiteur tropicale. Le vert glauque du paysage est plein d'exhalaisons d'épices. Les mulâtresses, qui soulèvent à grand peine des éventails de palmes pour rafraîchir leurs maîtresses, déplacent juste un air lourd et musqué. Le regard impassible des Indiens, sur la rive, les transperce avec l'intensité de flèches. Les hommes, sans se soucier de la chaleur, boivent un alcool clair d'agave. A chaque escale, des épaves qui vivent à la lisière de la selva, paludéens, lépreux, syphilitiques, viennent mendier.
Catalina, qui observe le lent défile des pirogues, repense à l'accueil des clarisses, à leur jardin fleuri de coronilles. Loin des épisodes guerriers qui jalonnent sa vie, à peine ponctué du froissement des feuilles de missel et de stridulations d'insectes, elle demeurait attentive au silence qui descendait en elle. Elle écoutait la musique intérieure que lui dictait son âme. Un orchestre vibrant de ces palpitations ténues qui sont les mouvements du cœur, les pulsations de l'intelligence, le rythme des passions. Loin de l'agitation du monde, elle isolait la note cuivrée du désir, captait celle plus grave de l'âme, et cédait enfin au remords.
Crédits photographiques : Editions Trabucaire.









