PERZ ROBERT


184, chemin des Bousquets
34820 ASSAS
Tél : 04.67.59.60.24
Email : robert.perz@wanadoo.fr
Activité : Auteur
Genre(s) : Roman, nouvelle
Biographie :
Né en 1940 à la Grand Combe dans le Gard, robert Perz étudie et puis enseigne la chimie à l’Université Montpellier II. Après son doctorat, en 1970, il part pour un an aux Etats-Unis dans un laboratoire de recherche (Ohio State University). En 1982 il se rend, avec sa famille, en Chine (Wuhan, Hubei) où il enseignera la chimie pendant deux ans.
En 1992 il dirige au sein au sein de l’IUT de Montpellier un Département Chimie Environnement à Sète.
En 1975 il monte avec un groupe d’amis le ciné-club d’Assas et en 2003 il publie son premier roman : L’accordéon du fleuve bleu.
Il avoue un penchant irrésistible pour le cinéma de l’âge d’or hollywoodien, la littérature nord-américaine et japonaise, le jazz, le bourbon, et Barbara.

Crédits photographiques : DR

Bibliographie non exhaustive :
Sale Mine, éd. Le Manuscrit, 2013 (roman).
Le voleur de cendres, éd. Le Manuscrit, 2009 (roman).
L'accordéon du fleuve bleu, éd. Climats, 2003 (roman).

Extrait :
Texte inédit extrait de Sale Mine :
Et puis tout doucement, à travers la forêt, je suis revenu au village. La brume était descendue subitement des cimes pour venir ramper dans le bas du décor. Bientôt on ne distinguait plus que les contours des maisons, les silhouettes des arbres. C’était comme une toile de peintre dont on aurait gommé les couleurs pour ne laisser qu’une esquisse au fusain. J’étais perdu dans ce coton informe et rien autour de moi ne semblait faire partie de mon espace familier. Je marchais sur des nuages. Tout était devenu léger. Je tendais les bras pour éviter les pins. Je sentais les écorces qui caressaient mes mains. Je m’attardais sur ces surfaces rugueuses dans lesquelles, souvent, j’avais gravé des lettres, des mots, des dessins, des cœurs transpercés d’une flèche séparant des initiales que j’inventais. Souvent, au cours de mes balades solitaires, j’avais détaché de petits blocs d’écorce et avec le canif que j’avais toujours avec moi, je sculptais des formes, une barque, une pipe, un livre…
Assis sur un rocher dominant la vallée, j’ai attendu que la brume se dissipe. Mes yeux peu à peu se sont habitués à cette lumière pâle. Et les rails ont surgi. Je n’étais pas perdu. Vus du ciel, ils étaient la seule partie visible du monde qui m’entourait. Ils étaient comme le signe d’un ordre, d’un commandement dicté aux hommes du lieu par les dieux de l’anthracite. Ils indiquaient, comme une flèche divine, le chemin à suivre, la seule issue possible pour la survie, celle de la mine. Les rails pénétraient au centre de la terre, dans l’intimité de la matière, ils étaient comme une brûlure au cœur de cette matrice si douce, au cœur de ces strates qu’il fallait segmenter, briser, arracher, extraire, reformater en briques, en œufs, en morceaux, en poussières. L’homme insecte entrait sous terre pour dépecer, lacérer avec ses mandibules mécaniques, ses outils, ses marteaux piqueurs, la matière si noire appelée charbon. Quelquefois, dans cette lutte sans merci, l’homme était perdant, vaincu. Alors, les autres mineurs l’évacuaient et la mine le régurgitait sur un tapis roulant le ramenant à la lumière.
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