ESPINOSA KARIN


97 rue Neuve
34160 SAUSSINES
Tél : 04.67.86.47.06
Email : lirevocable@wanadoo.fr
Activité : Auteur, Traducteur
Genre(s) : Roman, nouvelle, Théatre
Animations : Lecture
Biographie :
Née à Bruxelles, Karin Espinosa grandit au cœur d’une pensée européenne et étudie les lettres italiennes, avec la ferme intention de s’installer dans la péninsule. Elle part enseigner la littérature française à Sienne et elle travaille dans une librairie à Florence.
De retour en France, un goût prononcé pour la lecture et l’écriture l’amène à traduire des textes italiens encore inédits et à les publier. Elle dirige la Maison Antoine Vitez (Centre International de la Traduction Théâtrale) à Montpellier pendant huit ans.
En 2001, au Printemps des Comédiens à Montpellier, elle adapte et met en scène Neige de Maxence Fermine, avec Madeleine Attal.

Depuis 2006, elle signe des textes pour des livres d’artistes et participe à plusieurs expositions :
Objets de conversation, une résidence d’écritures et d’installations plastiques en septembre 2006 à la Chapelle Saint Julien de Salinelles (Gard).
Des pas dans la baignoire, en mai 2007, une île-lecture créée avec la complicité de la plasticienne Amandine Meunier (La Baignoire à Montpellier).
Pris au mot, à la fin de l’été 2007, une balade-lecture en appartement autour de textes dans des écrins imaginés par des artistes.

Plus récemment, L’heure du bain, petites fantaisies pour mots et percussions, une création en résidence à La Baignoire à Montpellier en mars 2011 et reprise en tournée.

Aujourd’hui, lectrice à voix haute, elle poursuit son travail d’écritures et anime des ateliers en milieu scolaire, associatif et théâtral.

Crédits photographiques : DR

Bibliographie non exhaustive :
Pasolini, ceci est mon corps : Ernest Pignon-Ernest, coauteur André Velter, éd. Actes Sud, 2015 (beau livre).
Cinq instants de dos, gravures de Florence Barbéris, en coffret, 2008 (livre d'artiste).
Ulysse met les voiles, d'après Homère, dessins de Danièle Meunier-Letan, 2008 (livre d'artiste).

En tant que traductrice :
Les pèlerins de la matière : théorie et praxis du théâtre : écrits de la Societas Raffaello Sanzio, de Claudia Castellucci, traduit de l’italien, éd. les Solitaires intempestifs, 2001 (philosophie).
Les voix, de Claudio Magris, traduit de l’italien, éd. Descartes & Cie, 2002 (roman).
Théâtre populaire, 1953-1964 de Marco Consolin, traduit de l'italien, éd. Contemporaine, 1998 (document).

Extrait :
Extrait de Un oiseau dans la tête

La Verrière aux Chapeaux. Nina appuie son front contre la vitre, écrase son nez. L’oiseau a ouvert ses ailes, ébouriffé ses plumes grises et blanches. Il tambourine dans son crâne. Dans la vitrine, des têtes sans visage, sans yeux, sans bouche, sans nez, à l’ombre d’un chapeau. Femmes ? Hommes ? Peut pas savoir. Plutôt fine, pas de genre, la boule grise en plâtre, posée sur un socle de bois et de fer. Il fait sombre dedans. La grille est baissée à l’intérieur. Il est tôt. Trop tôt. Alors, elle regarde les chapeaux inanimés. Encore endormis. Ils attendent. Qu’elle leur ouvre la porte, remonte la grille d’un coup, tourne l’interrupteur. Les guirlandes s’éclairent, les boules opaques de lumière sur les étagères caressent l’atmosphère. Les tissus reprennent couleurs, matière.

Commencer l’histoire. Les histoires. Dans la Verrière aux Chapeaux. En fond, la voix d’Ella Fitzgerald. A Night in Tunisia. Elle n’ira pas en Tunisie avec Ella, elle n’ira nulle part ailleurs, elle restera avec son oiseau. Elle veut lui offrir une cabane, une maison.
Faut que tu replies tes ailes. La grande liberté, pas pour tout de suite. Fait trop froid dehors, tu vois, tu es beaucoup mieux là, dans un coin de ma tête. En attendant des jours meilleurs.
Elle va lui trouver un refuge, sous le chapeau. Un taupé. Couleurs chatoyantes, toucher de velours. Moelleux, brillant, il éclaire le visage, ranime les pommettes de la jeune femme, illumine ses yeux déjà clairs.
Tu vois, t’es pas bien là ? Je te donnerai à manger, des mots, des histoires pas comme les autres, un peu les tiennes, un peu les miennes. Cache-toi. Laisse le ruban flotter, signe que tu es toujours là ! Je te tiens, tu sais, je ne te lâcherai pas de sitôt.
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