AUBERT MARION


27, rue de la Palissade
34000 MONTPELLIER
Tél : 06.03.92.21.87
Email : mario.aubert@gmail.com
Site internet : www.tirepaslanappe.com
Activité : Auteur
Genre(s) : Jeunesse, Théatre
Animations : Lecture
Biographie :
Marion Aubert,
Prix Nouveau Talent Théâtre SACD 2013
Marion Aubert est diplômée de l'ENSAD de Montpellier.
En 1996, elle écrit son premier texte pour le théâtre : Petite Pièce Médicament. Cette pièce est créée l’année suivante, date à laquelle elle fonde la Compagnie Tire pas la Nappe avec Marion Guerrero et Capucine Ducastelle.
Depuis, toutes ses pièces ont été créées, notamment par sa compagnie, dans des mises en scène de Marion Guerrero.
Marion Aubert répond aussi aux commandes de différents théâtres, metteurs en scène ou chorégraphes, parmi lesquels le Théâtre de Sartrouville, la Comédie Française, la Comédie de Valence, le Théâtre du Rond-Point, le CDR de Vire, le Théâtre Am Stram Gram de Genève, le Théâtre du Peuple de Bussang, Hélène Arnaud, Kheireddine Lardjam, Philippe Goudard, Babette Masson, Matthieu Cruciani, Marion Levy, David Gauchard, Roland Auzet…
Ses pièces sont éditées chez Actes Sud-Papiers.
Certains de ses textes sont traduits en allemand, anglais, tchèque, italien et catalan.
Marion Aubert a marrainé la promotion 26 de l’Ecole de La Comédie de Saint-Etienne et intervenante au département d’écriture de l’ENSATT depuis 2012.
Elle est membre fondatrice de la Coopérative d’Ecriture initiée par Fabrice Melquiot.
Marion Aubert est également comédienne. Elle a joué dans de nombreuses pièces, dont les siennes, mais on la retrouve aussi chez Musset, Lagarce, Ionesco, Lemahieu, Copi, Bégaudeau, sous la direction d’Ariel Garcia-Valdès, Jean-Marc Bourg, Dag Jeanneret, Philippe Goudard, Marion Guerrero, Cécile Auxire-Marmouget, Matthieu Cruciani...

Crédits photographiques : Alessandro Genovesi

Bibliographie non exhaustive :
Tumultes suivi de Débâcles, éd. Actes Sud, 2015 (théâtre).
Saga des habitants du val de Moldavie, suivi de Conseils pour une jeune épouse ou Préparation collective à la vie conjugale, éd. Actes Sud, 2012 (théâtre).
Dans le ventre du loup : une histoire dansée des trois petits cochons, illustrations Riikka Sormunen, éd. Actes Sud, 2011 (théâtre jeunesse).
Le brame des biches : tragicomédie industrielle, éd. Actes Sud, 2011 (théâtre).
Saga des habitants du val de Moldavie, suivi de Conseils pour une jeune épouse, éd. Actes sud, 2010 (théâtre).
Orgueil, poursuite et décapitation, éd. Actes Sud, 2010 (théâtre).
Les orphelines, illustrations Fanny Michaëlis, éd. Actes Sud, 2009 (théâtre jeunesse).
Phaéton, éd. Actes Sud, 2008 (théâtre).
La famille : dix pièces courtes, éd. Avant-scène thèâtre, 2007 (théâtre collectif).
Les aventures de Nathalie Nicole Nicole, suivi de Voyage en pays herblinois, éd. Actes Sud, 2007 (théâtre).
Les Histrions (détail), suivi de Les Trublions, éd. Actes Sud, 2006 (théâtre).
Saga des habitants du val de Moldavie, éd. Les solitaires intempestifs, 2004 (théâtre).
Les Pousse-Pions : les Pousse-Pions, saga, éd. Actes Sud, 2002 (théâtre).

Extrait :
Tumultes :
PAULINE. Je sais pas. Ça va trop vite pour moi. On dit qu’on est révolutionnaire. Mais c’est quoi ce mot, « Révolution » ? Depuis le début, on fait les gugusses. Et je ne dis pas que nous n’y croyons pas. Je vois bien que Mélissa et Maurin ils y croient. Et bien sûr, il y a au fond de nous quelque chose qui s’insurge. Et je voudrais bien, moi aussi, être la nouvelle Che Guevara. Mais là, je vois les armes et je me dis je ne sais pas si c’est ça que je veux. Aller tout faire péter. Je ne sais pas si j’ai désiré la mort de Thomas. Et ça paraît con, mais je suis encore plus perdue qu’au début. Avec mon désir de Révolution. Je sens bien que le temps se gâte partout, je sens bien qu’il faut se tenir entre nous mais je nous vois là en train de prendre nos sacs de boulons, nos lattes, nos pancartes, je nous vois avec notre prétendue soif d’insurrection, au milieu des céréales du matin, des chocapics, des bonbons, j’entends Julien qui fredonne une chanson, et j’ai peur, camarades, j’ai mal et j’ai peur, j’entends au loin le bruit d’une tondeuse à gazon, et je me dis ça va être fini, ça, les jours certains, et toutes ces merdes auxquelles je tiens ? Ça va être fini, les appels de mon amour dans la nuit ? Les chansons cons ? Ça va être fini, Aurélia qui me dit : « Elle te plaît mon hermine, Pauline ? » Ça va être fini, le temps des copains ? Aller prendre une bière dans un bar, manger ensemble un plat de pâtes cramées, refaire le monde en fumant des cigarettes longues et en lisant Bensaïd et Lacan, et en même temps, bouffer une grosse merde de temps en temps ? Et je me regarde avec effroi, camarades, je ne sais si ce que j’ai aimé c’est préparer la Révolution, je ne sais si ce que je chéris c’est vivre tout ça avec vous, être emportée dans un élan, mais la vivre non, surtout pas, la vivre en aucun cas, à d’autres la terreur, les affrontements, les coups sur les seins, les yeux qui giclent, les corps qui pètent, et j’ai peur d’avoir fait un peu la maligne, et quoi de plus terrible que de se retrouver dans la position du coq, non, tu vois, ce rôle-là non plus, il ne me plaît pas, Tibor, ni la dinde ni le coq mais alors quoi ? Et j’ai peur de ne plus rien comprendre du tout à ce que je fais. Je me dis : « Dans quel affreux Guignol sommes-nous en train de jouer ? » Mais aussitôt j’ai peur. J’ai peur de mon retournement de peur. Je m’insulte, camarades. Je me dis : « Tu es donc lâche, Pauline ? » Je me retourne. Je fais les gros yeux autour de moi : « Qui ? Qui ? Qui m’a fait grandir avec la peur ? » J’essaie de vite trouver un ennemi et ne vois que moi, moi, moi qui ricane et je me sens conne, avec mes habits de révolutionnaire trop grands, conne, avec mes grenades, mes cupcakes, et je me sens seule, aussi, avec ma peur, camarades, même avec vous, je me sens seule, je bute sur l’impossibilité de mes mains, me lever, aller taper peut-être je le ferais un jour mais je ne peux pas ici jurer, mes mains n’y arrivent pas, et je me sens bloquée, bloquée, bloquée dans notre histoire, camarades. Non. C’est pas ça. Pas bloquée. Pas juste. Je ne veux surtout pas m’entendre dire ça. M’écoutez pas. Je voulais finir en mouvement. Une fête. C’était bien, ça. Finir sur une fête. Une explosion de joie. Mais ça me semble con, la joie. Pas con. Non. J’aime bien la fête. Mais on ne peut pas en rester là. Il va se passer quelque chose. Là, ça me vient pas mais j’y crois, camarades. Non. Pas ce mot-là. Ça va venir du verbe. Je sais pas. D’un endroit qu’on soupçonne pas. Je le dis pas comme il faudrait. Mais vous voyez bien, non ?! Quelque chose va se retourner ! J’ai eu cette vision, Gaspard, lorsque tu as fait ton poirier. Non, c’est idiot, le poirier. Pas finir sur ce poirier. Non. « Pas finir. » Voilà. Ça, que je voulais dire. Ça peut pas finir avec la pièce, notre élan, n’est-ce pas ?
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